jeudi 26 novembre 2009

MES NUITS AVEC ROBERTO

[J'écris de plus en plus souvent des ZEROS à la place des lettres "O". Et vice-versa.]

A ne plus lire que Voici et Siné Hebdo, mon coeur de lecteur ne battait plus qu'à moitié, surtout en tant que lectrice mais j'aime les rimes pauvres.

Alors je suis allée à Ombres Blanches, LA librairie bobo-cul(turelle) de Toulouse, et j'ai traîné dans les rayons.
En fait, c'est faux, je suis allée à Ombres Blanches et je savais exactement ce que je voulais.
Je voulais:
- We are l'Europe de Jean-Charles Massera grâce à un extrait publié par Chloé Delaume.
- 2666 de Roberto Bolaño grâce à un faisceau de coïncidences.

Je me suis attaquée directement au Bolaño et à ses 1000 pages. Et depuis, je passe mes nuits avec Bob.
C'est quand même con que je ne lise pas davantage, puisque quand je lis, c'est comme si je ne m'étais jamais arrêtée. Un peu comme le vélo, quoi. Et puis j'aime lire, comme le crayon Bonnemine.

Je n'aime pas trop parler des livres avant de les avoir terminés, mais j'ai tellement envie de parler de celui-ci. Après plus de 600 pages, c'est presque comme si j'avais déjà fini trois livres après tout.

Je dirais rapidement que le roman tourne autour d'une histoire vraie, un fait divers encore d'actualité : la disparition en masse de femmes à la frontière américano-mexicaine dans l'état du Sonora. Depuis 1993, des femmes et des fillettes disparaissent puis sont retrouvées dans divers états de décomposition et de mutilation dans le désert autour de la ville de Ciudad Juarez, renommée par Bolaño en Santa Teresa. Ces crimes impunis se comptent par centaines.

Cette ville, la fictive calquée sur la vraie, a pour particularité d'attirer énormément de migrants de toute l'amérique latine et des régions pauvres du Mexique. Cette chair à travail comme il y a de la chair à canon se fait embaucher en masse par les maquiladoras, ces usines installées à la frontière mexicaine pour les économies d'impôts des sociétés américaines (et autres) qui les ont implantées là.

C'est dans cette population pauvre, souvent sans famille et sans identité que pioche(nt) le ou les criminels qui assassine(nt) des femmes.

Enfin, la situation particulière de la ville, tout près de la frontière, en fait également un emplacement de choix pour le trafic de drogue et les passeurs de clandestins.

C'est cette ville sans foi ni loi qui est le théâtre de 2666, une ville que la corruption a transformé en enfer sur Terre, ainsi que le décrit le journaliste Sergio Gonzalez Rodriguez dans le Monde Diplomatique.

Mais le livre n'est pas qu'un polar bien ficelé, au sensationnalisme prévu "Attention histoire vraie", non, ce livre, écrit par un auteur chilien, parle de littérature, d'amour, de l'Amérique Latine, de tacos, de mathématiques, de folie et de tant d'autres choses que c'est un livre qui en contient un tas d'autres.

J'y reviendrai quand je l'aurai terminé.

vendredi 13 novembre 2009

LIBERTE CHERIE
















Depuis des siècles l'Homme essaie de s'affranchir de ses fardeaux quotidiens dans une quête absolue de Liberté, qu'on statufie des deux côtés de l'Atlantique et que l'on impose aux Etats qui n'ont pas la joie de connaître les plaisirs impudiques de la démocratie.

Pourtant, alors que la mécanique et l'informatique libèrent peu à peu l'humanité, on refuse de partager le travail et on remplit notre temps chômé pour éviter la confrontation avec la flippante liberté.

TOP 4 des moyens d'éviter de se retrouver libre:

1/ L'addiction

Cigarettes, drogue, alcool: l'addiction aux produits toxiques présente le double avantage de permettre à la fois d'empêcher de se déclarer comme complètement libre et de s'auto-détruire lentement (et donc réduire sa durée potentielle de liberté absolue i.e: la retraite)

2/ Le sport

Le sport, s'il représente l'antagonisme technique de l'addiction (prolonger la vie au lieu de la réduire), peut être considéré comme son pendant puritain. Là où la drogue permet de lâcher les vannes, d'explorer son subconscient, de perdre le contrôle, le sport génère le plaisir sous la contrainte. Entraînements calibrés, alimentation équilibrée, corps en souffrance avec plaisir, le sport fait le bonheur des Control Freaks qui trouvent enfin une bonne raison pour encadrer toutes leurs actions quotidiennes.

3/ La religion

Là où le sport asservit le corps sous le prétexte de le libérer, la religion fait la même chose avec l'esprit. Quand on est incapable (ou désintéressé) de choisir ses propres valeurs, de réfléchir soi-même au sens de sa/la vie, aux éléments nécessaires à la quête du bonheur, on laisse choisir à sa place les théologues et les prédicateurs. En racontant des histoires manichéennes et en imposant des règles de vie non remises en cause depuis (au moins) 2000 ans, la religion donne un cadre aux personnes bien trop effrayées à l'idée de devoir elles-mêmes choisir la voie de leur sagesse.

4/ La télévision, les jeux video, l'iPhone, l'internet

Le temps de liberté est immédiatement convertissable en temps loisir. Et sur quels critères peut-on différencier le temps loisir aliénant du temps loisir émancipateur?
On peut s'enrichir culturellement sur ces supports media modernes, et je ne parle pas que d'Arte. On peut aussi se ménager une petite pause ludique.
L'indicateur premier de la bascule dans la durée de cerveau disponible (tm), c'est la compulsion. J'ai un instant libre, j'allume la machine à images, et je pompe, pompe, pompe en intraveineuse tout un maëlstrom de choses mélangées, de la télé-réalité des informations des talk shows, des blogs, un clip de Cock Robin, on laisse un commentaire, on lit 175 commentaires et on se dit ah ouais ou ah quel con, on fait une petite partie de Spider Solitaire, on joue 16 heures d'affilée à Final Fantasy XXII, on se dit à la pub, j'éteins, attends je rafraichis Netvibes, la nuit je coupe pas le téléphone dès fois qu'il y aurait un ACCIDENT.

Je ne peux pas être libre, et ça me fait bien chier (rhétoriquement).

jeudi 12 novembre 2009

HOUSING IN JAPAN

La lecture enrichissante de The Selby et la compilation de ses photos d'intérieurs japonais m'apprend plusieurs choses:
1/ Les japonais ne sont pas tous des maniaques de l'ordre
2/ L'emploi de boîtes empilées remplace avantageusement (?) une armoire/une étagère/un garde-meuble
3/ Ikea est définitivement international

Les intérieurs montrés présentent des caractéristiques architecturales communes : murs blancs, parquet blond, hi-tech de série (visiophone et clim), salle de bain étonnamment rétro, le tout parfois plus proche d'un open-space (il ne manque que les carrés de moquette) que d'un appartement d'habitation (neutralité des rideaux, pas ou peu de posters).

Comme le veut le cliché, les appartements semblent de taille réduite, mais après étude approfondie des lieux, il est difficile de déterminer si la sensation de manque d'espace vient de la réalité de la surface en mètres carrés ou de l'image donnée par des pièces remplies jusqu'au plafond d'objets divers, d'étagères chargées et de boîtes opaques et mystérieuses.

Les intérieurs photographiés appartiennent à des personnes issues du monde de la "fashion", artistique et/ou commerciale. On se doute bien alors qu'ils ne sont pas représentatifs de l'ensemble du peuple japonais.
Cependant, il est intéressant de comparer les façons d'organiser leurs intérieurs de ces "artistes" japonais ainsi qu'avec celles des autres personnes photographiées par The Selby, issues du même milieu "arty" mais de nationalité différente.

Caractéristiques propres aux Japonais:

- Collections variées sur le principe de l'accumulation (casquettes, toys, bijoux, petits poneys, sacs chanel)
- Lit / chambre sobre. On dirait le lit posé dans une pièce parce qu'il le faut bien. Il est entouré de choses utiles (étagères toujours, boîtes, piles de choses) mais absolument pas mis en scène, pas de table de chevet, d'édredon, de tête de lit. Le lit semble avoir un but strictement utilitaire, voire pas de but du tout.
- Une théière

Caractéristiques communes aux cobayes de The Selby (à moins qu'elles ne reflètent simplement les obsessions de Selby Boy, oui, je pense aux CHAUSSURES):

- Murs blancs et parquet
- Etagères de livres
- Etagères de chaussures

lundi 9 novembre 2009

SHE-PANTHER

J'aime beaucoup mes nouvelles chaussures. C'est parti pour un TOP10 des trucs qui me font du bien dans la vie:
1/ Une nouvelle paire de chaussures
2/ Quand ça chante dans les manifs
3/ Regarder mes mails et qu'il y ait un nouveau mail non lu qui ne soit pas un spam
4/ Un repas de famille côté maternel
5/ Danser toute seule chez moi avec la musique à fond
6/ Danser avec plein de gens n'importe où avec la musique à fond
7/ Socialiser (discuter avec des gens, si possible apprendre des trucs, si possible leur remonter le moral, si possible faire des grosses blagues lolesques)
8/ Faire des trucs chiants en écoutant la radio (émissions où ça parle)
9/ Faire du saikse
10/ Flâner

jeudi 5 novembre 2009

ECHAUFFEMENT

Raaah, c'est nul de supprimer son blog. Après, il faut se retaper toute la mise en page, tous mes links sont broken, et je ne trouve plus les petite subtilités du style mettre "Menstruel saigne" au lieu de "Menstruel écrit".

Je crois qu'en vrai je m'en fous, ou pas, de toutes façons ce blog est web -12000.0 depuis 2004.

Après, il faut retrouver des sujets tendance, et là j'avoue j'hésite entre raconter mon week end (classique, imagination zéro, ma vie est passionnante mais tout le monde s'en fout) ou parler de politique (ahlala au gouvernement ils nous prennent vraiment pour des cons) ou parler de cette magnifique paire de baskets léopard qui sera mienne dans une demie-heure.

Alors non, je vais plutôt faire un billet "Actu".

Aujourd'hui comme hier, Google fête les 40 ans de Sesame Street avec les plus beaux logos Google que j'ai jamais vu.

COOKIE MONSTER <3.

mercredi 4 novembre 2009

LE RIDICULE NE TUE PAS IL RAN PLU FORE

GNIIIINNNK fait le bruit de la porte qui grince. Tap tap tap font les pas sur le plancher usé. Pfff pfff pfff font les nuages de poussière et l'auteur consternée par sa propre capacité à employer des bruitages écrits complètement nuls.

Tout ça pour dire que je suis revenue passer un petit coup de balai avant de rendre les clés. Heureusement, mon bail n'a pas de fin, je peux laisser mes cartons, et même refaire la déco.

Nostalgie de l'endroit car oui, la nostalgie peut se créer en trois mois. En trois mois aussi, des choses se passent, ou ne se passent pas. Et tralala. On n'avait pas dit qu'on arrêtait les tournures pompeuses bourgeoises qui font croire à de la littérature quand elles ne sont que du texte?

Si.

Les bonnes résolutions de la réouverture de ce blog : pas de bonnes résolutions, je sais très bien que je retomberai le nez en premier dans mes vices préférés : les photos de chaussures, les questionnaires débiles et les révoltes à deux balles.

La ménopause attendra.