vendredi 13 novembre 2009

LIBERTE CHERIE
















Depuis des siècles l'Homme essaie de s'affranchir de ses fardeaux quotidiens dans une quête absolue de Liberté, qu'on statufie des deux côtés de l'Atlantique et que l'on impose aux Etats qui n'ont pas la joie de connaître les plaisirs impudiques de la démocratie.

Pourtant, alors que la mécanique et l'informatique libèrent peu à peu l'humanité, on refuse de partager le travail et on remplit notre temps chômé pour éviter la confrontation avec la flippante liberté.

TOP 4 des moyens d'éviter de se retrouver libre:

1/ L'addiction

Cigarettes, drogue, alcool: l'addiction aux produits toxiques présente le double avantage de permettre à la fois d'empêcher de se déclarer comme complètement libre et de s'auto-détruire lentement (et donc réduire sa durée potentielle de liberté absolue i.e: la retraite)

2/ Le sport

Le sport, s'il représente l'antagonisme technique de l'addiction (prolonger la vie au lieu de la réduire), peut être considéré comme son pendant puritain. Là où la drogue permet de lâcher les vannes, d'explorer son subconscient, de perdre le contrôle, le sport génère le plaisir sous la contrainte. Entraînements calibrés, alimentation équilibrée, corps en souffrance avec plaisir, le sport fait le bonheur des Control Freaks qui trouvent enfin une bonne raison pour encadrer toutes leurs actions quotidiennes.

3/ La religion

Là où le sport asservit le corps sous le prétexte de le libérer, la religion fait la même chose avec l'esprit. Quand on est incapable (ou désintéressé) de choisir ses propres valeurs, de réfléchir soi-même au sens de sa/la vie, aux éléments nécessaires à la quête du bonheur, on laisse choisir à sa place les théologues et les prédicateurs. En racontant des histoires manichéennes et en imposant des règles de vie non remises en cause depuis (au moins) 2000 ans, la religion donne un cadre aux personnes bien trop effrayées à l'idée de devoir elles-mêmes choisir la voie de leur sagesse.

4/ La télévision, les jeux video, l'iPhone, l'internet

Le temps de liberté est immédiatement convertissable en temps loisir. Et sur quels critères peut-on différencier le temps loisir aliénant du temps loisir émancipateur?
On peut s'enrichir culturellement sur ces supports media modernes, et je ne parle pas que d'Arte. On peut aussi se ménager une petite pause ludique.
L'indicateur premier de la bascule dans la durée de cerveau disponible (tm), c'est la compulsion. J'ai un instant libre, j'allume la machine à images, et je pompe, pompe, pompe en intraveineuse tout un maëlstrom de choses mélangées, de la télé-réalité des informations des talk shows, des blogs, un clip de Cock Robin, on laisse un commentaire, on lit 175 commentaires et on se dit ah ouais ou ah quel con, on fait une petite partie de Spider Solitaire, on joue 16 heures d'affilée à Final Fantasy XXII, on se dit à la pub, j'éteins, attends je rafraichis Netvibes, la nuit je coupe pas le téléphone dès fois qu'il y aurait un ACCIDENT.

Je ne peux pas être libre, et ça me fait bien chier (rhétoriquement).

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