dimanche 12 février 2017

PRINCIPE DE REALITE

Peut-être que je devrais arrêter de me poser des questions sur le principe de réalité, et en me posant la question, je sais désormais que je dois continuer. Philip K Dick avant moi en a fait la quête de sa vie et en le lisant, il me sert de guide tout en me confortant dans cette thèse. Tout ce qui n'est pas moi n'existe pas, alors qui suis-je ? Jusqu'où mes contours s'étendent-ils, qu'est ce qui n'est pas moi si tout ce que je vois n'existe pas, ce serait donc une extension de moi-même et donc existerait, par moi ?
Je ne passe pas par la science-fiction ni par la religion pour trouver des réponses. Je pose des questions à l'infini à une quantité de personnes que je croise sur ma route et chacune me donne un petit morceau de sa réalité et chaque réalité subjective correspond également à la mienne. Un film conseillé, un rapport au travail, une beauté personnelle, tout me parle et me renvoie mon reflet. Je pose des questions aux gens parce que je me pose des questions. Je demande aux gens de répondre à ma place et toutes ces réponses sont bien plus vraies que celles que j'aurais pu donner. Je ne sais pas imaginer d'univers, sur Mars ou Ganymède, ma paranoïa ne craint pas un complot immatériel de puissance supérieure mais se nourrit de ma propre solitude, j'ai tant envie qu'on me prenne par la main, je cherche en vain quelque chose qui ne serait pas issu de moi, quelque chose de profondément étranger qui viendrait me compléter, me faire me sentir moins seule, qui apaiserait mon sentiment de responsabilité, et pourtant, si je sors temporairement de cet état de folie, ce partage réaliste, cette part de fusion avec n'importe quel objet qui m'entoure m'apaise. Je suis aussi un petit morceau des réalités subjectives de chacun. Quelle est cette part, quel reflet donne-je à voir à ceux qui prennent le temps de se regarder à travers moi ? Parfois je le sais parce que je sens que ma façon d'être est légèrement influencée par ce qu'il se passe, si je me laisse faire, je laisse les commandes à celui qui cherche pour qu'il puisse s'y regarder et partant, de se comprendre, ou de découvrir une facette de son diamant personnel. C'est un travail fatiguant émotionnellement mais riche aussi, car ces facettes sont aussi les miennes, et ainsi de suite à l'infini.
Est-ce que je deviens cinglée si je commence à penser des choses pareilles ou est-ce le début de quelque chose, est-ce le commencement du chemin vers la Réalité ou vais-je finir à l'asile ?

dimanche 5 février 2017

JOYEUX ANNIVERSAIRE

Elle a la bouche la plus rouge de la boîte. Son prénom commence par C. Elle est jolie sans faire exprès. Habillée pour faire semblant. Dans la boîte des gens se mélangent mais tous se ressemblent. Les jeunes hommes sont baraqués avec des barbes et jouent au rugby ou sont fluets avec des lunettes carrées et travaillent sur des projets industriels. Les femmes sont jeunes et sortent entre copines ou sont un peu plus âgées et essaient de se vendre sans en avoir l'air aux hommes les plus coincés.
C répond à toutes mes questions et je regarde sa bouche laquée pendant qu'elle se raconte. Elle ne cherche pas d'homme, à 26 ans elle a déjà été mariée et divorcée. Son mari a voulu la faire habiter un appartement mais sa vie à elle est sur les routes, entre le camp de manouche coincé derrière l'usine de retraitement des eaux et la côte où elle va prêcher pour l'Eglise Evangéliste. Elle n'a pas le droit de fumer dit-elle en recrachant la fumée. Je lui dis 4 ou 5 fois qu'elle est vraiment belle. Son père est manouche et sa mère kabyle. On lui promet qu'on ne dira rien à personne alors elle choisit de nous dire un secret parce que je lui dis trop souvent qu'elle me plait. Elle est passée à la télé pour représenter la région à l'élection de Miss France 2013.