lundi 10 avril 2017

BEEN THERE DONE THAT

Un bête chagrin d'amour. Le truc que TOUT LE MONDE a vécu. Je retourne le truc dans tous les sens, ça sert à rien d'essayer d'en faire un truc formidable ou dramatique, ça n'a strictement aucun intérêt, tout le monde connait, merci, t'écoutes la radio ? Toutes les chansons parlent de ça.
Mais quand même, c'est comme une épidémie, alors ? Genre la varicelle ? Tu la chopes, t'en chies un maximum et après t'es vacciné ? Est-ce qu'il y a un vaccin ? Que quelqu'un me passe l'OMS.
N'empêche que bon, à presque 40 ans, je pensais que j'étais passée à travers. Je pensais que je l'avais eu, le truc où tu chiales dans le bus et où t'as envie qu'on te prenne dans les bras mais si ça arrivait, tu te mettrais à hurler. Le truc où tu écris de la poésie, un blog, où tu repasses la même histoire en te demandant où ça a déconné, pourquoi, et en étant tellement sûr que tu perds un truc que tu retrouveras plus jamais.
Je sais même pas pourquoi je dis "tu" parce que c'est de moi dont je parle, avec tous les clichés inhérents à la problématique. On ne peut même pas transcender un chagrin d'amour, tout a été dit ou fait sur le sujet. Et tout le monde sait qu'un jour, ça finit par passer. Le deuil, tout ça.
J'y arrive pas mais je vais y arriver. J'y arrive pendant 2 heures puis je rechute. Puis j'y arrive, puis je rechute. NORMAL on te dit !!! Les rechutes vont s'espacer, et un jour, comme dit U., tu passeras toute une journée sans y penser, et tu te diras ah oui tiens, je n'y ai pas pensé aujourd'hui, et ce ne sera même pas une victoire parce que tu t'en foutras complètement. Ou presque.
Mais ce jour là n'est pas demain. Pas encore. Là je dois encore me rouler dans mes larmes, je dois me souvenir des moments heureux, des peaux qui se touchent, des mots qui me touchent, de l'eau de sa bouche. Je ne comprends pas pourquoi et pour une fois, j'essaie de me persuader de ne pas chercher à comprendre. J'essaie de m'astreindre à juste ressentir. A sentir la boule près du plexus, qui parfois cherche à crever ma cage thoracique. Elle se soulève la cage, elle est secouée, quelqu'un veut sortir de là. Mon coeur. Mon coeur que j'avais oublié. Pas chercher à comprendre pourquoi il s'est emballé, pourquoi avec lui, pourquoi maintenant, pourquoi pourquoi pourquoi. Stop.
Celà est. J'étais amoureuse et maintenant je suis triste. Parce qu'il n'est pas amoureux de moi. Ou pour des tas d'autres raisons dont on se fout puisqu'on a dit qu'on ne cherchait pas de réponse.
Je suis triste. Point.
J'ai mal. Point.
C'est arrivé à tout le monde.
Ca risque même de m'arriver à nouveau.
Peu importe. J'AI MAL.
J'en fais peut-être un peu trop.
Peut-être que je n'en fais pas assez. Je ne me souviens plus comment j'avais fait les fois d'avant, c'est trop loin j'ai oublié. Donc si j'ai oublié c'est que je peux oublier à nouveau. Patience.

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